LE TELEGRAPHE

A NIMES

ET DANS LE GARD

Alexandre de Mège nous fait une description et un historique en 1840 de la Tourmagne, cette dernière n’a pas encore reçu son affreux escalier en colimaçon, d’après lui la Tour serait postérieure à la construction des murs de Nîmes. Mais on reconnaîtra aisément un mausolée honoraire, cénotaphe, presque semblable à ceux qu’on voit sur les revers de plusieurs médailles de consécration, et tel que Hérodien décrit les mausolées qu’on dressait lors des funérailles des empereurs. Au-dessus du premier étage il y a un a autre plus petit et qui a des portes ouvertes, sur celui-là; il y en a un autre, et sur celui-ci un autre encore. C’est à dire jusqu’à trois et quatre dont les plus hauts sont toujours de moindre dimensions que les plus bas, de sorte que le plus élevé, est le plus petit de tous, semblables à ces tours qu’on voit sur les ports et qu’on nomma phares, où l’on met des feux pour éclairer les vaisseaux et leur donner moyen de se retirer en lieu sûr.
 
La tour sera convertie en 1832 en relais télégraphique optique, c’est le 25 avril 1832 qu’une des premières dépêches transitera par la Tourmagne avec une note de service du président du Conseil de l’administration des lignes au sujet du trafic de la Lozère
 
Pour faciliter l’usage du télégraphe optique, elle sera provisoirement réparée, la tour menaçant ruine, en 1843 pour consolider le monument un immense pilier servant d'escalier sera construit sous la direction de M. Révoil.
 
Le télégraphe optique de Chappe, avec ses fameuses tours sera le premier système télégraphique déployé en France, sont réseau en étoile depuis Paris ne desservait que 29 villes reliées entre elles par un réseau de 5000 Km parsemés de 534 stations relais.
 
La liaison Bordeaux Toulon sera mise en place en 1832. Cette ligne traversait le Var, les Bouches du Rhône, le Vaucluse, le Gard, l’Hérault, l’Aude, se séparait vers les Pyrénées Orientales, l’autre vers la Haute Garonne et la Gironde. Comme dans les autres départements son passage dans le Gard était l’objet de plusieurs tours ou points de réémissions tels que : Villeneuve les Avignon, les Angles, la Bégude de Saze (les Issarts), Estézargues, Ledenon, Courbessac. La Tour Magne, à Nîmes (ville desservie), Puech, Bernis, Gallargues le Montueux, puis vers l’Hérault : Lunel Viel etc…
La ligne télégraphique était alors utilisé presque exclusivement à des fins militaires, la ligne Bordeaux Toulon sera créée au début de l’occupation algérienne.
      
La tour de Gallargues.
Le 31 mars 1853 : Monsieur l’inspecteur télégraphique (chappe) de la ligne de Toulon dépose en mairie les clefs avec une note renfermant tous les objets qui y sont déposés, le télégraphe électrique Morse signe alors le glas du système Chappe.
 
Par la suite le télégraphe électrique Morse sera développé sous le Second empire, il débutera avec la guerre de Crimée. C’est avec ce télégraphe que les nouvelles de la guerre de Crimée se répandront dans l’hexagone, en effet un message télégraphique annonçant la victoire de l’Alma du 20 septembre sera diffusé et publié le dimanche 1er octobre 1854. A Nîmes c’est au théâtre, alors plein de spectateurs, que le régisseur vint lire la dépêche qui fut saluée des cris de « Vive l’Empereur ! »
 
Ce n’est seulement qu’avec le système Baudot, adopté par l’administration à la fin du XIXe siècle, que la banalisation de ce moyen de communication moderne sera réalisée dans les communes rurales. Le télégraphe moderne installé à la fin du XIXe siècle sera le Télégraphe électrique d’Emile Baudot, ses débuts datent de 1878. L’émetteur possédait un clavier à 5 touches, il utilisait un codage binaire avec un principe de multiplexage ce qui permettait un débit moyen de 60 mots à la minute, à la réception le texte s’imprimait sur un ruban. En France, ce système restera en usage jusqu’au début des années 50. »
 
Le système Baudot est l’ancêtre commun des Fax, email, SMS et ADSL.
 
Nota : Dans les années 1820-1830, le langage télégraphique sera appris aux élèves dans certaines écoles primaires, à cette époque, à Rochefort du Gard un petit télégraphe était installé à l’extrémité de chaque pupitres de l’école primaire publique.
 
                                     Article Georges Mathon, nemausensis.com, octobre 2004.

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